En attendant la suite #1 [C. C.]

Nous sommes le 14/07/2018, aux alentours de 16h.
Je suis à Montpellier. Je viens de m’y installer,
et c’est important que je le précise car je suis venue ici pour ma santé.

Tout a commencé quand j’étais petite. J’ai été prise en charge très jeune par une pédopsychiatre, j’étais très sensible à l’époque, j’avais aussi très peur de l’abandon, de la mort … je suis allée voir cette dame plusieurs fois et puis plus rien. Ça m’est « passé ».
J’ai eu une scolarité « normale ». Avec quand même quelques difficultés relationnelles. Des moqueries et de la dépendance … je voulais qu’on s’attache à moi.

En 2008, l’année de mes 18 ans, beaucoup de changements en l’espace de quelques mois. En janvier j’ai perdu mon papi dont j’étais très proche. Ce fut brutal. Arrêt cardiaque. Puis dans la foulée, j’ai rencontré mon premier vrai copain, j’ai eu mon bac, je suis rentrée dans un IUT, j’ai eu un studio et mon permis … 6 mois de vie bien riche. Avec les hauts et les bas que ça comporte.
Me revoilà chez un psy. Un psychiatre et une psychologue. Je prends le traitement et je commence à parler … entre temps, j’ai arrêté mon IUT et j’ai commencé à travailler. Ça me plaisait mais l’affect était encore trop présent. Il contrôlait toutes mes relations …

J’ai fini par obtenir un BTS deux ans après. Ma plus grande fierté. Puis j’ai continué à travailler de manière entre coupée avec les arrêts maladie longue durée.
Jusqu’ici, les 3 psychiatres que j’ai rencontré, ont évoqué une dépression chronique, aiguë, avec de la mélancolie, des passages à l’acte. Des appels au secours
Je prends toujours mon traitement, qui a déjà beaucoup changé depuis le début. Je rencontre un nouveau psychiatre. Ça fait plusieurs années qu’on m’en parle. Inaccessible jusqu’ici mais cette fois c’est la bonne. J’ai mon premier rdv en février 2014.
Beau mec. Gentil. Bref, on y va. Je commence à parler de moi. Il me parle rapidement de « borderline ». Puis on continue le traitement et la psychologue à côté … en 2015, tout s’accélère.
Je me retrouve hospitalisée mais cette fois ci, sous contrainte. Le médecin décide de me garder. De m’attacher. On me dit « bipolaire » et toutes les démarches se mettent en route. J’obtiens une reconnaissance de travailleur handicapé et une mise sous curatelle. Grosse sanction à 25 ans. J’ai tout perdu. Mon travail, mon chéri, mon apart … là seul chose que j’ai « gagné »: Les 20 kg repris à l’hôpital. Quel cadeau empoisonné !

Le 28 décembre 2015, je décide d’arrêter mon traitement. L’équipe médicale est contre mais je me lance quand même. Je n’avais plus rien à perdre après les 7 années que je venais de traverser.
Les médecins sont restés à me surveiller, j’allais en consultation plus régulièrement et en parallèle j’ai commencé à voir des thérapeutes de médecine chinoise / médecine douce. À reprendre mes lectures sur le sujet … j’ai aussi été aux conférences lors des journées mondiales sur les troubles bipolaire à la cité des sciences et c’est ça qui a changé ma vie et l’évolution de ma maladie.
Il y a eu 45 intervenant il me semble en l’espace de 2 jours et c’était très enrichissant. J’ai découverts des associations, des numéros utiles … j’ai repris espoir ! Et quelques jours avant, dans le cadre de la semaine de la santé mentale, j’avais entendu parler de « médiateur de santé pair » par le Dr Giordana. Ça m’a plu de suite ! J’ai d’ailleurs fait rire toute la salle car j’ai postulé instantanément !
Je me suis documentée sur le métier, j’ai rencontré des personnes déjà en formation ou en poste et j’ai voulu intégrer la session de janvier dernier sauf qu’entre temps mon état général a empiré.

Après 2 ans sans traitements, j’ai du me re faire hospitaliser. C’était vital pour moi. Ce fut long et compliqué mais je n’avais pas le choix si je voulais vivre.
Après de longs mois passés à l’hôpital de Cannes, on m’a re dirigé dans un centre psychothérapeutique proche de Montpellier. Un endroit génial !
J’y suis depuis le mois de mars, et je me projette. Je parle de plus en plus de médiateur de santé pair. Et je suis prise au sérieux. Alors ça me redonne confiance en moi. Les professionnels se rendent compte de mes capacités à exercer ce métier. J’ai énormément de connaissances sur ma pathologie et un contact très à l’aise avec les personnes qui m’entourent. Ça serait idéal pour moi de pouvoir apporter mon aide dans ce contexte et pourquoi pas dans la structure dans laquelle je suis.

Je réfléchis beaucoup à ce projet qui me plairait et en attendant les prochaines sessions, je continue ma thérapie. Je suis très curieuse … c’est sûrement un plus.

Que dire d’autre ? Ce métier est méconnu mais à force de sensibilisation et d’actions, nous allons entendre parler de nous. Et de partout ! Et non plus comme des fous mais je l’espère, comme des personnes novatrices en santé mentale.

Je remercie les associations, les lignes d’écoutes et les particuliers qui sont là chaque jour. Et jour et nuit pour nous venir en aide.
MERCI.

C. C.

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