Je sème des graines # 1 [Juliette, MSP]

semeur van gogh

La difficulté avec un nouveau métier c’est qu’il faut sans cesse expliquer ce que l’on fait, en quoi ça consiste, qu’est-ce que ça apporte de plus… Dans le cas présent, si l’on se contente des éléments constitutifs de notre fiche de poste (vecteur d’espoir, destigmatisation, insertion sociale et professionnelle, amélioration de l’observance, lien entre l’équipe et les patients…) difficile de convaincre.

 

Pour remporter l’adhésion il faut du concret, mais du concret qui se raconte en quelques minutes, avec des mots bien choisis, qui parlent à tout le monde, du concret qui montre toute de suite que ce métier n’empiète pas sur ceux des autres mais les complète.

 

Alors je dis que je sème des graines. D’abord j’éveille la curiosité quand je dis que j’ai moi même vécu la maladie mentale, puis, souvent, je raconte des bribes de mon parcours et enfin j’amène les patients à réfléchir sur divers sujets qui se rapportent plus ou moins directement à l’empowerment et au rétablissement.

Je ne sais pas quand ni comment ni pourquoi ces graines germeront et j’accepte la possibilité que certaines ne germeront jamais. Je ne sais pas si je les sème au bon endroit, au bon moment. Je ne sais pas si elles auront besoin d’eau, de soleil et qui pourra leur donner.

 

Je sais juste que dans mon parcours il y a eu quelques phrases, quelques mots, quelques sourires qui ont été décisif et parfois longtemps après coup. Je sais à quel point un petit rien peut tout changer y compris si ce petit rien met du temps à prendre sens ou a besoin d’autre chose pour s’activer.

Quoi qu’il en soit, je constate que cette métaphore du semeur est parlante, à chaque fois que je parle de mon métier de la sorte, mon interlocuteur s’intéresse, pose des questions, me donne son avis. Les retours sont beaucoup plus constructifs, l’accueil est meilleur.

 

Ne le dites pas mais je sème aussi des graines chez mes collègues pour que leur prise en charge soit davantage tournée vers le patient, pour que l’on travaille sur ses projets à lui et non sur ceux de l’équipe par exemple. Pour changer aussi leur représentation de la maladie mentale, pour leur expliquer ce que peut ressentir un patient…

 

Discrètement, sans prétention, sans attente particulière et sans relâche, je sème des graines et parfois je récolte quelques fleurs. L’avantage quand on n’a pas d’attente particulière, c’est qu’on a la chance de ne jamais être déçu et l’on s’émerveille d’un petit rien.

 

Juliette, Médiatrice de Santé Pair

 

 

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