MSP, et après? #1 [Lee ANTOINE]

VERSION AUDIO DISPONIBLE ICI


 

Je suis actuellement en poste en tant que médiateur de santé pair (MSP).

 

J’ai posé ma démission, mon contrat prend fin au 1er octobre 2018.

C’est donc la fin de l’aventure pour moi dans ce programme du CCOMS.

Pour Sarah aussi ce fut la fin de l’aventure.

 

Cette question qui subsiste, et se pose également lors des regroupements à la fac avec les autres MSP: et après, on fait quoi ? 

– Etiquetés  » ancien.ne.s patient.e.s en psy »
– Avec un CV souvent chaotique
– Qu’est ce qu’on écrit dans son CV ?
– Comment passer à autre chose après ?
– Est-ce qu’on assume, ou est ce qu’on ne veut pas se faire griller ?

 

Parce que …

Parce qu’on n’a pas tou.te.s vocation à faire ce travail toute notre vie,
parce qu’il peut s’agir d’un moment de notre processus de rétablissement,
parce qu’il n’y a pas que la psychiatrie dans notre vie,
parce que c’est un emploi précaire,
parce que …

 

Alors…
Dans mon cas, cette question se pose s’est posée, en complément d’une autre.

– Est ce que je continue à travailler dans un domaine qui a une charge émotionnelle forte ? (éducateur spécialisé, pair aidant …)

– Est ce que je choisi un travail « simple pour mon cerveau » mais, qui serait peut-être moins épanouissant ? (bosser dans un café, dans un cinéma …)

– Est ce que je demande l’AAH en faisant un emprunt en attendant la réponse, est-ce que je prends du temps pour prendre soin de moi avant de reprendre un travail ?

– Est-ce que je suis encore capable de travailler ? Et si oui, combien d’heures par semaine, et avec combien de temps de trajet, dans quel type de structure ? Et si non… qu’est ce que je fais?

 

Actions concrètes et soutien:

J’ai commencé par postuler dans un café sympa, et dans un cinéma proche de chez moi.

J’ai posté mon CV sur les réseaux sociaux.

J’ai été contacté pour un poste d’Educateur spécialisé / pair aidant dans un foyer de vie où résident des personnes souffrant de troubles psy: l’angoisse.

La question de ma capacité à me maintenir de façon durable dans un emploi avait fait son chemin. J’avais… ma confiance en moi catastrophique avait décidé que j’en étais incapable.
Et là… on me propose un poste.
J’ai besoin de réfléchir…

Avantages:
– Le projet du lieu me plaît
– Il est à une distance acceptable de chez moi
– L’équipe semble prête à intégrer un collègue vivant avec des troubles psys

Limites:
– Je ne pense pas être en mesure de travailler à temps plein, étant données les deux expériences passées
– Un troisième « échec » (arrêt avant l’heure, même en ayant progressé et appris énormément), serait difficile à supporter
– Comment porter cette double casquette de pair-aidant / éducateur spécialisé, je ne sais comment m’y prendre
– Je ne comprends pas pourquoi les gens semblent avoir envie de travailler avec moi

Solutions ?:
Contact de personnes ressources et/ou du milieu :
1 rassuré quant à la démarche positive de l’établissement en question
2 un peu rassuré concernant mes compétences d’éduc spé, et sur la possibilité de demander des conseils à mes potentiels futurs collègues
3 réflexion sur les aménagements dont j’ai besoin pour pouvoir me maintenir dans un emploi

Puis :
4 demande d’AAH envoyée
5 mail envoyé à la directrice du lieu en question avec des précisions concernant les conditions nécessaires afin de pouvoir y travailler
(- Un volume horaire qui ne pas nuise pas à mon équilibre.
– Un salaire net me permettant de subvenir à mes besoins
– Il y a aussi l’idée de trouver un volume horaire qui permet un travail fluide dans l’équipe, pour les personnes, et les collègues par rapport à l’organisation générale
– Information concernant ma demande d’AHH en cours)
6 Peut-être que je ne suis pas trop trop nul

(P.S.: merci pour le soutien chères personnes ressources)

 

Le « et après » n’est pas simple
Le « là tout de suite maintenant » n’est pas simple
Le « avant » n’a pas été simple

Mon cerveau tente de croire aux « Mais allez! tout va bien se passer, vous avez les capacités de reprendre un emploi, prenez confiance en vous, arrêtez de vous auto flageller, allez-y, au pire vous foirez, et vous foirerez pas, vous êtes courageux, des boulots il y en a plein, faites de votre mieux, vous êtes fait pour ça, je crois en vous »

Gnagnagna.

Oups, c’est peut-être ce que je dirais à un.e pair.

 

 

Lee ANTOINE

Du même auteur sur En tant que telle:
Prise de poste, MSP
La relation duelle en pair aidance
Vouvoiement ou tutoiement ?
Je sème des graines #2
Phobie scolaire et formation
Interview avec Patrick Stern
Sept mois plus tard, MSP
Engagement des usagers et rétablissement #1
Quand des ancien.nes patient.e.s viennent rendre visite #1
Des conseils aux soignants?
La pair aidance selon #1
La pair aidance selon #3
Pour raison de sécurité

 

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3 réflexions sur “MSP, et après? #1 [Lee ANTOINE]

  1. Euh… Lee, je te lis un peu tardivement. Ce serait pas mal qu’on s’appelle en fait je crois.
    Nos questionnements sont similaires. J’ai de mon côté postulé sur le poste en Samsah, avec l’intention de ne pas cacher les choses si entretien, d’autant qu’un de mes amis d’HDJ a intégré la structure… Maintenant j’y vais sans enjeu, il faudra que je me sente à l’aise ou je n’irai pas.
    Ah, et sinon ce serait probablement pas mal que tu fasses aussi une demande d’inva. Je t’expliquerai. Je t’envoie mon numéro par mail. Biz

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  2. Ping : Lettre d’au revoir, dernier jour en tant que MSP [Lee ANTOINE] – En tant que telle

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